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Un automne chaud pour contrer la grisaille

Québec, 14 août 2014 – Le Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches (RÉPAC 03-12) s’inquiète des conséquences des politiques d’austérité sur les personnes les plus pauvres et les plus marginalisées de la société.

Nous refusons le monde grisâtre des libéraux

Les moyens mis de l’avant par le gouvernement pour résorber le déficit des finances publiques ont tout pour nous alarmer. Dans le monde rose que nous proposons, il y aurait une véritable redistribution de la richesse et la priorité du gouvernement serait d’éviter que le retour à l’équilibre budgétaire n’affecte plus durement les plus pauvres de notre société. Or, dans le monde gris que nous proposent les libéraux, il semble que les privilèges des mieux nantis seront préservés alors que les travailleurs et les travailleuses devront sacrifier une partie de leur retraite et que les élèves se verront couper l’accès à de multiples services (aide aux devoirs, adaptation scolaire, aide à la réussite scolaire, etc.).

Révision des programmes

Avec la commission permanente de révision des programmes, le gouvernement semble être reparti de plus bel dans la logique des compressions aveugles. S’il révisait les programmes en toute bonne foi, il ne le ferait pas avec l’objectif de départ de réaliser plusieurs milliards de profits à même les programmes sociaux et les services publics. S’il révisait les programmes en toute bonne foi, le gouvernement sonderait assurément les organismes de première ligne afin de connaître le manque de ressources et les besoins de la population.

Commission sur la fiscalité

Il est très difficile de croire que la commission sur la fiscalité ne sera pas tout simplement une énième répétition du rapport Godbout-Montmarquette. Difficile de croire que les conclusions n’en sont pas déjà rédigées. Elles seront connues juste à temps pour appuyer les politiques d’austérité du gouvernement que l’on retrouvera dans le prochain budget. On dira que les entreprises sont trop taxées, qu’il faut recourir à davantage de tarification et qu’Hydro-Québec doit hausser ses profits et que les frais de scolarité ne sont pas suffisamment élevés. On dira qu’il faut avoir le courage de redresser les torts causés par la redistribution de la richesse. S’il faisait preuve de courage, le gouvernement de Philippe Couillard s’attaquerait au privilège du 1% de la population qui possède déjà plus de 50% de la richesse. Mais il ne le fera pas, car nous vivons dans un monde grisâtre et austère, contrôlé par de tristes sires en cravates.

Loi 3 : diviser pour régner

Les consultations sur le projet de loi 3 ont mis la table dès la fin de l’été à cet état de grisaille qui plane sur le Québec. Le gouvernement a tout mis en œuvre pour diviser la population. Plutôt facile lorsqu’une grande partie de celle-ci n’a pas les revenus pour planifier adéquatement sa propre retraite. Nous ne sommes pas dupes ! Ce n’est pas en nivelant les retraites vers le bas, en appauvrissant les syndiqué-e-s municipaux et en s’attaquant de front à des ententes syndicales dûment négociées qu’on va assurer une retraite digne au reste de la population. En tentant de diviser la population sur la réforme des régimes de retraite et sur les compressions dans les commissions scolaires, le gouvernement prépare le terrain pour son entreprise de démolition des services publics.

L’austérité : le mauvais remède pour traiter les finances publiques

La démonstration a été largement faite, et même admise par le Fond monétaire international, que les mesures d’austérité ne sont pas la solution-miracle pour redresser les finances publiques et qu’elles touchent plus durement la classe moyenne et les plus pauvres. La hausse des frais d’électricité en est un bon exemple de mesure régressive dont l’impact est beaucoup plus important pour une famille gagnant 25 000 $ que pour une famille gagnant 200 000 $.

Mobilisation citoyenne en construction

Il existe plusieurs alternatives plus équitables qui permettraient de financer adéquatement les services publics. Par exemple, en restaurant le caractère progressif de notre régime fiscal ou en contrôlant le coût des médicaments. Mais il faudra beaucoup de monde dans les rues pour défendre notre vision «rose» d’un gouvernement qui s’attaquerait aux privilèges du 1% afin de préserver les droits de la population.

Le RÉPAC 03-12 regroupe une quarantaine de groupes communautaires partageant des pratiques d’éducation populaire autonome et un engagement envers la justice sociale.

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